Question/réponse

Pourquoi certaines usines de mon territoire ne sont citées ni dans la brochure que j’ai reçue, ni sur le site internet ?

Ces usines ne participent pas à la campagne d’information. La raison la plus probable est que leurs installations ne suscitent pas de risques pour les populations et l’environnement au-delà de l’enceinte de leur site ; elles ne sont donc pas soumises à l’obligation d’informer les riverains. De telles usines sont néanmoins soumises à la réglementation portant sur les installations classées et font l’objet d’inspections régulières.

En outre, certaines installations à risques comme les barrages n’entrent pas dans le champ de cette campagne d’information des populations.

Si je me rends ponctuellement dans un centre commercial ou un lieu public situé dans une zone à risques, comment serais-je informé de l’existence de ces risques ?

Les établissements recevant du public situés en zone à risque doivent apposer de manière visible l’affichette rappelant les consignes de sécurité à appliquer en cas d’alerte. Ces établissements ont été recensés par les communes qui devront leur faire parvenir les affichettes nécessaires.

Qu’est-ce qu’une situation d’alerte ?

Il s’agit d’une situation où les autorités diffusent un signal d’alerte pour avertir les populations d’un risque imminent ou déjà en cours, susceptible de porter atteinte à l’intégrité physique des personnes et aux biens, nécessitant d’adopter un comportement réflexe de sauvegarde. Ainsi, dès que la sirène d’alerte retentit, il convient d’appliquer les bons réflexes : se mettre à l’abri dans le bâtiment le plus proche, écouter la radio pour connaître l’évolution de la situation, éviter de téléphoner et ne pas aller chercher ses enfants à l’école.

Si je constate un incendie ou une explosion sur une usine près de chez moi mais que la sirène n’est pas déclenchée, que dois-je faire ?

Si la sirène d’alerte n’est pas déclenchée, cela signifie en principe que l’accident en cours ne présente pas de risque pour les populations à l’extérieur du site. Toutefois, par prudence, évitez de rester à l’extérieur et mettez-vous à l’abri dans un bâtiment et essayer d’obtenir des informations sur la situation en écoutant la radio ou en consultant les sites internet officiels de la préfecture ou de votre mairie.

Y a-t-il déjà eu des accidents industriels majeurs en France ? dans la région Auvergne-Rhône-Alpes ?

En janvier 1966, à la raffinerie de Feyzin au sud de Lyon, deux sphères de stockage de propane explosent. 18 personnes sont mortellement blessées (dont 17 sur le site et un automobiliste circulant sur l’A7). Le souffle des explosions endommage de nombreux bâtiments notamment sur la commune de Feyzin et 84 personnes sont blessées, notamment par des éclats de verre.

En juin 1987, un réservoir d’hydrocarbures explose au port Edouard Herriot de Lyon, une boule de feu de 200 mètres de diamètre s’élève jusqu’à 100 mètres au-dessus du sol. Deux personnes sont tuées, une quinzaine blessées.

En avril 1992, une puissante explosion suivie d’un incendie spectaculaire se produisent dans une usine de fabrication d’eau oxygénée à Jarrie au sud de Grenoble. Cet accident provoque un mort et deux blessés graves et des dégâts matériels considérables sur le site mais le PPI n’a pas été déclenché, car l’accident ne présentait pas de danger à l’extérieur du site pour la population riveraine.

L’accident majeur de référence en France reste l’explosion de l’usine d’engrais AZF à Toulouse en septembre 2001. Un stockage de plusieurs dizaines de tonnes de nitrate d’ammonium détone, suscitant une explosion d’une violence phénoménale qui provoque 31 morts dont 9 en dehors du site, 2500 blessés dont 300 resteront hospitalisés une semaine, les 80 ha de l’usine sont totalement dévastés, 26000 logements sont endommagés dans un rayon de plus de trois kilomètres, dont 11500 gravement. Environ un millier de familles doit être relogé. Les dégâts matériels ont été estimés par les assureurs à environ 2 milliards d’euros.

A la suite de cet accident, de nombreuses évolutions législatives et réglementaires sont intervenues, notamment la loi « Risques » adoptée à l’été 2003 qui prévoit l’établissement de plans de prévention des risques technologiques, visant à réduire l’exposition des populations aux abords des sites industriels classés SEVESO.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la base de données officielle des retours d’expérience d’accidents technologiques en France : www.aria.developpement-durable.gouv.fr

Qu’est-ce que la directive européenne Seveso ?

Seveso est le nom d’une localité italienne où, le 10 juillet 1976, un accident dans une usine chimique provoqua un rejet important de dioxine (substance extrêmement toxique ayant des conséquences à long terme sur la santé humaine). Bien que n’ayant pas causé de victimes humaines directes, cet accident a marqué les esprits, car il a durablement contaminé plus de 300 ha de terres, provoqué l’évacuation de centaines d’habitants et nécessité l’abattage de dizaines de milliers d’animaux. En outre, plusieurs jours ont été nécessaires après l’accident pour identifier la nature exacte des produits rejetés dans l’environnement, retardant d’autant la décision d’évacuation et de mise à l’abri des populations. Consécutivement à cet accident, la commission européenne a travaillé à l’adoption d’une première directive relative à la prévention des risques technologiques majeurs et aux établissements industriels soumis à ces directives. Le nom de la commune de Seveso est resté associé à cette directive adoptée en 1982, puis aux suivantes : SEVESO 2 adoptée en 1996 et SEVESO 3 adoptée en 2012.

Qu’est-ce qu’une usine classée SEVESO ?

Un établissement SEVESO est un site industriel qui présente des risques majeurs en raison de la typologie et/ou des quantités de produits dangereux qui s’y trouvent. Ce classement se détermine sur la base d’une nomenclature prévue par la réglementation qui fixe, pour différents types de produits dangereux, les seuils (volumes, quantités, concentrations, etc.) à partir desquels l’établissement sera classé ou non SEVESO. Il existe de surcroît une distinction entre les établissements classés SEVESO seuil haut et SEVESO seuil bas, les seuils haut sont soumis à des exigences plus sévères (voir ci-dessous), les seuils bas doivent rédiger une Politique de Prévention des Accidents Majeurs PPAM et prévenir les établissements voisins des risques présents.

Pour identifier, maîtriser et réduire les risques suscités par leurs installations, les établissements SEVESO seuil haut doivent réaliser et mettre à jour périodiquement leurs études de dangers, qui après analyse par les services de l’État, peuvent donner lieu à la prescription de mesures de sécurité complémentaires. L’application effective de ces mesures est ensuite contrôlée régulièrement par les inspecteurs des installations classées. Les exploitants doivent de surcroît établir un plan d’opération interne (POI) afin d’assurer la gestion d’un accident qui surviendrait dans l’enceinte du site. Ce plan doit faire l’objet d’exercices réguliers. Ils sont également soumis à des mesures de maîtrise de l’urbanisation (PPRT pour les sites existants et servitudes pour les sites nouveaux) et à une obligation d’information des populations au moins tous les 5 ans.


Vous ne trouvez pas de réponse à votre question, contactez-nous :